Je crée plusieurs contes en même temps

Depuis cet été, je suis retombé dans la création de conte, grand bien m’en prit. Lors de la création des Contes du Dépanneur I, j’ai créé chacun des contes un après l’autre en prenant mon temps et en testant chaque conte avant de passer au suivant. La force des contes précédents aidant les nouveaux contes à prendre vie.

Je m’amuse présentement avec les Contes du Dépanneur II et il faut croire que le premier spectacle à suffisamment de force pour que je crée plusieurs contes de front. Il faut bien avoué que ce ne sont pas tout à fait de nouveaux contes, car ces concepts me trotte dans la tête depuis le début de l’aventure. Plusieurs ont déjà été contés… dans la voiture en raccompagnant mon ami Jean-Sébastien alors que nous élaborions ces nouveaux concepts.

Hier, je suis replongé dans cette vieille idée Le Boss et le Diable. Il y a un diable dans chaque dépanneur qui se respecte. Pour ceux qui ne le savent pas ou qui ont l’esprit trop tourné vers le conte traditionnel pour y penser, un diable est un «petit chariot à deux roues utilisé pour transporter des objets lourds».  Transformer ce diable en Diable… j’y travaille.

Le conte a déjà été écrit au moins une fois, mais un problème s’est présenté: dans le conflit qui oppose le Boss du dépanneur et le Diable, il n’y avait pas de transgression. Habituellement, un héros commet une faute en acceptant de signer un contrat avec le Diable et il doit ensuite se racheter pour retrouver son âme. Dans la première version, le Diable aidait le Boss à devenir le boss du dépanneur sans qu’il n’y ait eu de pacte. Comment racheter sa faute si faute il n’y a pas?

En réécrivant mes idées sur mon portable, j’ai trouvé une piste. En partant des trois vices qu’offre le dépanneur (alcool, tabac et jeu), le Boss va tomber dans un piège que lui tend le Diable. Lorsqu’il se rendra compte qu’il a fait de mauvais choix, il devra défaire ce qu’il a fait pour se débarrasser du vilain sans perdre son dépanneur. L’idée n’est pas encore claire et n’est pas très très solide, mais c’est une piste que je vais explorer.

Toujours est-il qu’en écrivant ces nouvelles idées, j’en ai eu une autre. Prendre mon personnage sans histoire, Alexis le livreur (hommage à notre Alexis le trotteur), et m’inspirer du conte L’argent de mon cochon que conte Michel Faubert sur son disque Le passeur … et tout ça dans le contexte du dépanneur. Je veux d’ailleurs lui envoyer un petit courriel pour lui demander la permission de m’en inspirer.

J’ai également commencé à écrire mon adaptation de M. Globus et Laughing boy de Dan Yashinsky dont une version est également sur le disque de Michel Faubert: Le passeur (nom du conte et du disque). C’est un conte traditionnel que Dan Yashinsky à merveilleusement bien modernisé. Lorsque je l’ai entendu conter cette histoire pour la première fois (en anglais), j’ai tout de suite été jaloux. Le genre de conte que l’on voudrait avoir écrit soi-même. J’en ai parlé à Dan qui à tout de suite accepté que je traduise et conte son histoire. Ça m’a pris trois ans avant d’abandonner l’idée de la traduire et de comprendre que je dois simplement écrire ma propre version. Et c’est ce que j’ai commencé à faire, je reconstruis cette histoire avec mes images mentales, avec mes souvenirs, avec mon univers et mes mots. Je laisse tomber M. Globus et son garçon rieur (affreuse traduction) et je crée mes propres personnages : Le petit livreur et le Président. (Bon ok, j’ai deux livreurs en préparation. Mais Alexis était là en premier, donc le nouveau devra se trouver un autre nom… et un autre job.)

Le cadeau de mon ami Jean-Sébastien est aussi sur le chantier de création: Francis perdu dans l’espace… C’est drôlement intéressant de travailler un conte qui fait partie intégrante de mon univers, mais que je n’ai pas créé de toutes pièces. Nous en avons abondamment parlé, Jean-Sébastien et moi; les images, les concepts, tous mes familiers dans l’histoire, et pourtant je dois l’apprivoiser. Je suis mûr pour une relecture sérieuse du texte original avant d’entreprendre un exercice d’écriture (non pas pour modifier le texte, mais pour mettre sur papier ce que j’en retiens et constater les ajouts/retraits). Les contes sont vivants et il faut respecter cette vie. Attention tout le monde, Francis s’en vient!

Deux autres contes traînent sur la planche à imaginaire: L’Ogre et le Père de Max. J’ai déjà conté l’Ogre, même que le texte est disponible dans ce blog. Mais ce conte n’a jamais retrouvé la force du jour de sa création, en direct lors d’un atelier (avec Jihad Darwich si je me souviens bien). Je l’avais improvisé à partir d’un canevas dont il manquait la fin. L’improvisation étant ce qu’elle est, on oublie parfois rapidement nos bonnes idées. L’autre conte, Le Père de Max, est une adaptation d’un court récit qu’un conteur m’a permis d’adapter après l’avoir lui-même trouvé sur le net. J’aime le message humain de ce court texte, mais je ne suis pas sûr s’il a sa place dans mon catalogue de contes du dépanneur. Probablement que parce qu’elle vient d’Internet je n’en ressens pas assez la paternité pour me l’approprier correctement, pour la faire mienne. Je vais probablement la laisse sur la tablette encore un peu et la ressortir le jour où elle aura son utilité.

Voilà, j’en ai assez dit pour aujourd’hui. Bonne création!

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