Inspiration réciproque

Lorsque j’ai écrit mon premier conte du dépanneur, ce n’était pas un conte. C’était une nouvelle littéraire pour un travail à l’université. Puis, j’ai suivi un atelier d’initiation au conte, à l’art de la parole. J’ai délaissé le texte et mon conte a réellement commencé à prendre vie.

J’avais dans l’idée d’écrire plusieurs histoires ayant comme lieu commun le dépanneur, mais je ne sentais pas à l’aise de travailler des contes ayant leurs racines dans la faune urbaine. C’était avant de lire et d’écouter le livre-CD d’Éric Gauthier Terre des Pigeons. Chacun des contes de ce recueil était un conte urbain comme je rêvais d’en faire. La voie (voix) était ouverte, je pouvais donc m’y aventurer.

À mesure que je progressais dans le monde du conte au Québec, j’ai eu la chance de rencontrer mon auteur préféré. Un jour, on m’a invité à conter à Montréal (en compagnie de mon complice Jean-Sébastien Dubé) lors d’une soirée de conte organisée par les Productions Cormoran dont Éric Gauthier était l’un des organisateurs. Un festival, une dédicace et une promenade à Montréal plus tard, je pouvais compter Éric dans mes relations.

Le temps étant ce qu’il est, j’ai quitté Sherbrooke pour emménager sur la rive-sud au même moment où Éric quittait la métropole pour s’établir à Sherbrooke. Qu’à cela ne tienne, le Cercle des conteurs des Cantons de l’Est organisa, à la Mare au diable, un duo nous réunissant. J’aillais conter avec mon conteur fétiche.

Pour ce spectacle, Éric et moi nous sommes échangé quelques courriels ainsi qu’un ou deux coups de téléphone inoffensifs afin de lier nos histoires pour le grand soir. Cette mise en commun à été l’occasion pour Éric d’écrire une nouvelle vignette dans son conte Quand Lucien est viré fou…

Je reviens tout juste d’une marche au dépanneur où j’y ai acheté deux boîtes de tomates en dé, du maïs congelé et du savon à vaisselle en spécial. Dans mon iPod, j’avais téléchargé le CD accompagnant le dernier recueil de contes d’Éric, Feu blanc. Au moment où je cherchais les tomates en dé, quelle ne fut pas ma surprise d’entendre Éric me conter la visite de Lucien dans un dépanneur! Il y parle même de loterie, clin d’oeuil à un de mes contes, Mme Gagné. Wow, ça fait plaisir.

Sur le chemin du retour, en ce 4 octobre 2009, dans le ciel au dessus du Mont-Saint-Hilaire, une pleine lune, blanche comme la neige, se voile à peine derrière quelques nuages. Feu blanc, contes de la lune (avec une pincée de dépanneur).

Ce fut un beau dimanche soir! Merci Éric.

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