Il me semble avoir déjà entendu ( ou lu) que George Brassens donnait généralement ses spectacles en jouant de la guitare seul, mais qu’il se faisait accompagner d’une deuxième guitare sur ses disques. En spectacle, la relation entre lui et le public était un plus impossible à rendre sur un disque; d’ajouter un accompagnement aidait à compenser ce manque.
Lorsque je conte, la magie du moment aide énormément à créer l’histoire. Je vais choisir d’en ajouter, de modifier un élément de l’histoire pour l’adapter au lieu, je vais couper un bout qui me semble soudainement moins approprié, je vais ralentir ou accélérer… Bref, j’adapte l’histoire au public, au moment présent, à cette relation que nous avons ensemble. La magie du moment est un plus qu’il n’est pas possible de rendre à l’écrit, pas de la même manière. Aussi, comme Brassens, je me dis que mes contes dans le texte doivent en donner un peu plus (et je ne parle pas d’un CD). Je me dis que mes textes devraient inclure tous les détails que j’ai inventés pour une histoire afin d’offrir un extra au lecteur.
Si un soir je nomme trois sortes de chips à vœu (huit la veille et cinq le lendemain, selon mon feeling) mais que dans mon répertoire il en existe une dizaine, il me semble que le texte devrait présenter cette dizaine.
Voilà pourquoi je veux prendre le temps de travailler mes textes, pour tenter de tout mettre, comme si le lecteur avait accès aux éléments présentés dans dix soirées de contes…
Oui, je fais attention de ne pas alourdir le récit en voulant trop en mettre. Il faut que le texte reste fidèle au conte original. Disons que j’essaie de trouver l’équilibre pour que le lecteur vive le conte même s’il ne le découvre pas en spectacle.
C’est fou tout ce qui nous passe par la tête lorsqu’on écrit, non?
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Les trois bossus: 1 836 mots / révisé et augmenté
Il reste 26 jours pour atteindre mon but: finaliser les textes des Contes du Dépanneur. Ouf!

Dans _Feu blanc_, Éric Gauthier utilise les notes de bas de page pour ajouter des détails croustillants (sans jeu de mots de chips)… Je verrai bien que tu poursuives cette mode de petits « hyperliens », encadrés, etc. qui font mieux connaître le dépanneur.
Très bonne idée Jean-Sébastien. J’aime bien l’idée «d’encadrés»…