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Serez-vous des nôtres?

29 janvier 2010 | 12:12

 

affiche_iconJ’avais lancé un défi, voilà que je le relève. La soirée de contes pour venir en aide aux Haïtiens de Moutrouis est lancée.

 

Suite à certains articles de blogues (dont celui-ci), je me suis grandement interrogé sur ma démarche. Dans mon école, la direction nous a appris que la commission scolaire allait procéder à une cueillette de fond auprès du personnel et des élèves pour Haïti et que les dons amassés iront à la Croix-Rouge. Plusieurs enseignants ont questionné la démarche en évoquant la médiatisation, la sollicitation pour cette cause et pas une autre. En même temps, j’ai lu ce billet sur cyberpresse Le miraculé de Petit-Goâve qui m’a grandement touché. J’ai également reçu par courriel des photos de la catastrophe, photos que je ne partage pas ici… parce qu’elles sont trop dures. (Surtout pour moi qui à un enfant et qui en attend un autre).

 

Dans la dernière édition de l’Oeil régional, j’ai lu l’article qui parle d’André Ricard qui est présentement en Haïti pour aider à la construction d’une école… et qui finalement reste sur place pour aider le village à se remettre sur pied. Je me suis renseigné sur l’organisme avec lequel M. Richard travail, l’ A.C.I.B. et je me suis dit que c’était eux que je voulais aider. Pas la Croix-Rouge ou l’Unicef qui oeuvre principalement à Port-au-Prince, non, je veux aider cet organisme qui s’occupe d’une école de 450 enfants et de la communauté. Le fait qu’un citoyen de ma ville soit impliqué dans cet organisme me rassure quant à l’utilisation qui sera faite des dons recueillis.  Je vous invite à lire la lettre d’Yvette Levasseur pour comprendre l’importance de sa mission, avant comme après le tremblement de terre.

 

Alors, j’ai décidé, malgré les difficultés et la peur que j’ai de me lancer dans une telle aventure, d’organiser cette soirée de contes afin d’amasser des fonds pour construire/reconstruire une école. Après tout, en tant qu’enseignant, je connais la valeur de l’éducation.

 

Ce que je veux faire, c’est aider, aider mon prochain. Je ne veux pas que mon aide ne soit qu’un don par carte de crédit, un don sans visage, sans chaleur humaine. L’idée d’une soirée de conte, c’est aussi l’idée de se rassembler, de se parler, de s’écouter. Il y a cette merveilleuse chaleur lors d’une soirée de contes, la chaleur de la rencontre, du vrai. Les Haïtiens ne sauront peut-être jamais que nous nous sommes rassemblés un soir à Mont-Saint-Hilaire pour nous conter des histoires, mais nous, nous nous en souviendrons.

 

Beaucoup de conteurs ont répondu à l’appel. Kees Vanderheyden, Albert Simon, , Nicole Lemay et Dominique Therien du Cercle des conteurs de Mont-Saint-Hilaire sont de la partie. Il y a également Ronald Larocque qui se joint à nous de même que mon ami Jean-Sébastien Dubé qui viendra de Sherbrooke pour nous prêter main forte.

 

J’ai eu l’aide de M. Pierre Bergeron, Directeur du Service du loisir, de la culture et des communications de la Ville de Mont-Saint-Hilaire pour trouver un lieu et préparer le communiqué de presse. La très gentille Chantal Millette de la Maison amérindienne m’a ouvert toute grande ses portes pour la tenue de la soirée. Étant nouveau dans la région, ce sera ma première visite à la Maison amérindienne et j’ai bien l’impression que ce ne sera pas la dernière.

 

Merci à ceux qui aident et à ceux qui aideront.

Serez-vous des nôtres?

 

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Haïti conte sur nous!

16 janvier 2010 | 19:00

 

Je ne peux plus regarder ce qui se passe à Haïti sans rien faire. Comment puis-je aider? La seule réponse qui me vient c’est de faire un don à un organisme reconnu. Mais voilà, je n’ai pas d’argent. Ce que j’ai par contre, c’est une idée pour amasser des fonds : organisons une soirée de contes bénéfice pour Haïti.

 

C’est un photographe d’Associated Press, Gerald Herbert, qui a pris la photo.Je lance donc le défi à tous les conteurs du Québec, et du monde tant qu’à faire. Organisez une soirée de contes et passez le chapeau. Les conteurs ne sont généralement pas riches, mais ensemble nous pouvons aider ceux à qui il ne reste que les mots.

 

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Au temps des conteurs

7 janvier 2010 | 00:11

 

Une idée pour un roman avec beaucoup de contes dedans.
Une réflexion sur nos dépendances.
Un projet.

Au temps des conteurs

 

La panne était survenue quelques années plus tôt. Au début, les gens parlaient de la tempête de verglas qui avait frappé la province des années auparavant, mais rapidement, tous se sont rendu compte que cette panne c’était autre chose. L’électricité avait manqué et n’était jamais revenue.

 

Par la radio, nous avons appris que la panne ne touchait pas que le Québec, elle s’étendait à la grandeur du Canada et touchait même les États-Unis. Puis, une rumeur disait que même l’Europe avait été touchée, l’Afrique aussi, toute la planète. Les barrages ne fonctionnaient plus, les centrales au charbon et les centrales nucléaires non plus. Les gouvernements, aidés par l’armée, ont tenté de trouver le problème. Ils cherchent toujours.

 

Privés de lumière, de chauffage et de mode de cuisson, les gens se sont regroupés dans les écoles et les centres communautaires. Des poêles au gaz ont été installés pour faire cuire la nourriture. Quelques mois se sont écoulés avant de manquer de gaz, mais tous ont manqué de nourriture avant cela. Les usines ne fonctionnaient plus, le transport s’était arrêté. Les fruits et les légumes qui nous venaient du sud ne venaient plus. Dans les campagnes, les fermes ont rapidement été prises d’assaut par les populations. Sans résultats, car les récoltes, bien que prometteuses, n’étaient pas prêtes.

 

Les gens se sont alors regroupés en petite communauté, habitant les demeures munies d’un foyer ou d’un poêle à bois. Les arbres bordant les rues et les parcs ont été les premiers à partir. On dut ensuite aller à la campagne ou dans la montagne pour en couper d’autre et faire des réserves. Les cours arrière sont devenues des jardins. Les gens avaient cherché dans les bibliothèques des livres sur l’agriculture, la boucherie, la chasse et la pêche. On ne savait pas comment dépecer un porc, un cerf ou un écureuil. Comment conserver la viande sans l’aide d’un réfrigérateur. Comment conserver des légumes, des fruits, sans l’aide d’un réfrigérateur. Même les plus âgés ne savaient pas trop. Heureusement, les livres se souvenaient.

 

 Trois ans que dure la panne. L’armée limite les déplacements et contrôle les réserves d’essence. Les gens restent chez eux. Ceux qui veulent voyager tentent de rejoindre leur famille dispersée aux quatre coins de la province. On voit parfois arrivé un proche et on est heureux de se revoir en vie, mais inquiet de cette nouvelle bouche à nourrir.

 

Le soir, autour des foyers, longtemps après l’heure du souper, les gens se rassemblent. Les télévisions et autres systèmes de son ont fait place à des chaises. Les meilleures places sont réservées aux conteurs et aux chanteurs, ceux qui remplacent les télévisions.

 

À tour de rôle, les chanteurs chantent et les conteurs content. Leurs histoires rappellent comment est-ce que l’on vivait il y a très longtemps, comment est-ce que l’on vivait il n’y a pas si longtemps. Les chants que l’on écoutait seul au creux de l’oreille se partagent en grand groupe, à voix haute. Lorsque l’on se lève le matin, c’est en sachant que, le soir venu, les chants et les histoires viendront faire oublier ces temps difficiles. Certains soirs, lorsqu’il n’y a pas de conteurs, on préfère simplement économiser le bois, pour la prochaine fois.

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L’homme qui dansait avec les extra-terrestres

31 décembre 2009 | 01:41

 

Je reviens tout juste du Cinéma Beloeil où j’ai visionné le dernier film de James Cameron, Avatar. Non, je ne vous ferais pas une belle et longue critique du film, mais je vais tout de même me permettre de partager quelques impressions.

 

Dans sa critique d’Avatar, Marc-André Lussier, Cyberpresse , dit que James Cameron à oublier les trois ingrédients magiques pour faire un bon film: une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire. Désolé M. Lussier, mais je crois que vous avez tort. Comme l’a dit un roi dans un conte, une bonne histoire bien racontée est toujours bonne à entendre (même si c’est une vieille histoire, du déjà vu). Avatar reprend (presque) la même histoire que Il danse avec les loups, mais dans une version science-fiction. Le méchant homme blanc veut piller des territoires qui appartiennent aux gentils autochtones et un gentil blanc «trahit » son peuple dans un combat entre le bien et le mal. Bien que le thème ne soit pas repris par James Cameron avec énormément de profondeur, c’est bien présenté et c’est bien raconté.

 

L’autre point que j’aimerais aborder ici est le 3D. Est-ce parce que j’étais assis complètement à gauche de la salle ou est-ce parce que mes lunettes annulent le truc, mais l’effet de la troisième dimension ne m’a pas vraiment impressionné. Oui, c’est bien fait, mais ça ne m’a pas sauté aux yeux. J’avais peur que l’effet de me dérange et ne me déconcentre de l’histoire, mais non, je l’ai vite oubliée. Honnêtement, j’aurais aimé avoir payé 4$ de moins et l’avoir vu en 2D. J’espère qu’Hollywood ne s’emballera pas trop pour cette technologie.

 

Un des problèmes d’une prise de vue en 3D, c’est la profondeur de champ, ou l’effet de flou pour être plus précis. Lorsque je regarde une forêt, mes yeux peuvent focuser sur un arbre proche, ce qui rend flou les arbres qui sont loin en arrière plan, et je peux déplacer mon regard vers un arbre éloigné ce qui «brouille» les arbres au premier plan. C’est un concept connu en photographie et que l’on peut utiliser pour faire ressortir un élément de l’image. Or, dans Avatar 3D, il y a une profondeur de champ, mais les «flous» me sont imposés. La branche qui passe devant la caméra ,alors que celle-ci est focusée sur un personnage, est brouillée, ce qui ne me laisse pas la chance de «regarder» l’image comme je le voudrais. Il en résulte, à mon humble avis, que l’effet 3D tombe un peu à l’eau. L’oeil est naturellement attiré par l’élément «focus» de l’image. Mais le style d’image 3D d’Avatar attire également l’oeil sur un élément en avant de l’image (ou en arrière). L’oeil ne sait donc plus où donner de la tête (drôle d’expression, mais ça dit ce que ça veut dire, non?).

 

Mais il y a une chose qu’il faut absolument dire sur l’animation par ordinateur (dans le sens de CGI): le réalisme est époustouflant. On est loin de Shrek, Jar Jar Binks et Yoda ou même de Gollum, on parle ici de ré-a-lis-me. Les personnages animés font vraiment passer les émotions. Je me suis même demandé un instant si ce n’était pas d’habiles maquillages. On reconnaît facilement l’avatar de Sigourney Weaver, c’est indéniablement elle qui joue le personnage généré par ordinateur. Quelqu’un parlait de capture de performance (qui succède à la capture de mouvement). C’est vraiment une «performance».

 

Bon, désolé pour ceux que j’aurai perdus avec le concept d’image 3D trop flou. Je conclurai donc ce billet en souhaitant que James Cameron fasse une trilogie avec l’univers d’Avatar et que mon cinéma m’offre la chance de voir son oeuvre en 2D (et moins chers).

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L’arbre de Noël

30 décembre 2009 | 12:45

Conte de Noël écrit le 23 décembre 2009
en après-midi. Ha, l’esprit des fêtes…

Ce soir-là, Pierrot mit son pyjama, se brossa les dents et monta se coucher. Son papa vint lui souhaiter une bonne nuit. Il lui dit que demain, ils iraient ensemble, dans la forêt, chercher un arbre de Noël. Pierrot était heureux, il aimait la forêt et il aimait les arbres.

 

Son grand-père lui avait appris plein de choses sur les arbres. Il savait que les arbres avec une écorce blanche s’appelaient des bouleaux. «Cela ferait un bel arbre de Noël,» se dit Pierrot. L’écorce blanche lui rappellerait la neige.

 

Puis il se souvint que son grand-père lui avait parlé d’un arbre qui donne du sucre : l’érable. «Ce serait une bonne idée d’avoir un arbre comme celui-là pour Noël, maman pourrait faire de bons desserts au sirop d’érable».

 

Il y avait d’autres sortes d’arbres encore, on les appelait des arbres fruitiers parce qu’ils donnent des fruits. «Ho oui», se dit Pierrot, «je vais demander à papa si on peut avoir un oranger comme arbre de Noël, comme cela, nous pourrons manger des oranges».

 

Le lendemain, Pierrot s’habilla chaudement pour accompagner son père dans la forêt. Il lui fit part de ses suggestions d’arbres de Noël. Papa souriait et félicita Pierrot pour ses bonnes idées.

 

Dans la forêt, Pierrot trouva un bouleau. «C’est un bel arbre Pierrot», dit papa. «Est-ce que je le coupe?» Pierrot lui fit signe que non. Le bouleau lui rappelait la neige, mais il y avait déjà assez de neige à Noël. Alors, papa et Pierrot s’avancèrent dans la forêt.

 

«Papa, où sont les érables?», demanda Pierrot. D’habitude, les érables avaient de belles grandes feuilles pointues qui devenaient jaune, rouge et orange en automne. Papa expliqua à Pierrot que les érables perdent leur feuille à la fin de l’automne et que la neige recouvre les feuilles avant Noël. «Regarde Pierrot, voici un érable.»

 

Pierrot regarda l’arbre. Il était très gros, trop gros. Jamais il n’entrerait dans la maison. Et puis, il ne trouvait pas de sucre ou de sirop d’érable. Papa lui expliqua que le sucre se cachait dans la sève de l’érable et que ce n’est qu’au printemps, après Noël, que l’on peut le recueillir. Pierrot décida que l’érable ne ferait pas un bon arbre de Noël.

 

Pierrot continua à marcher dans la forêt. Il regardait partout, surtout dans les branches. «Que cherches-tu Pierrot?», demanda papa. «Je cherche des fruits, des oranges. Papa, est-ce que l’on peut avoir un oranger comme arbre de Noël?»

 

Papa dit à Pierrot qu’il pourrait avoir des oranges à Noël, mais qu’il serait difficile d’avoir un oranger pour Noël. Les orangers poussent dans des pays chauds où il n’y a pas de neige.

 

«Mais alors papa, quel arbre allons-nous prendre?», s’inquiéta Pierrot. Papa le rassura, il connaissait l’arbre de Noël parfait. Il raconta à Pierrot que, lorsqu’il était petit, grand-papa l’avait amené en forêt pour aller chercher un arbre de Noël. Ensemble, ils avaient cherché longtemps, longtemps. Et ils avaient fini par trouver un arbre tout vert, même en hivers.

 

Pierrot cherchait partout dans la forêt. Il ne voyait que des arbres sans feuilles, rien n’était vert. Et puis, dans un coin, il vit un bel arbre, tout vert, en forme de triangle. «Regarde papa, un arbre vert! Un arbre de Noël!». Cet arbre était un sapin.

 

De retour à la maison, on plaça le sapin de Noël dans le salon. Pierrot aida maman et papa à le décorer avec de belles guirlandes, des boules de toutes les couleurs et des lumières. Pour finaliser le tout, maman mit du sucre à glacer dans le sapin pour faire comme de la neige. Pierrot trouva ça plus beau qu’un bouleau.

 

Le soir de Noël, le sapin brillait dans le salon. Pierrot raconta sa recherche d’arbre de Noël à grand-papa. Il n’avait pas choisi l’érable et n’avait pas trouvé d’oranger. Pierrot était quand même un peu déçu. Grand-papa lui dit que ce n’était pas grave et il amena Pierrot dans la cuisine. Sur la table, il y avait une bûche, une bûche de Noël à l’érable! Pendant que maman ne regardait pas, Pierrot goûta à la crème avec le bout de son doigt. Hummm!

 

«Pierrot, as-tu regardé dans ton bas?», demanda grand-papa. Sans se faire prier, Pierrot alla voir dans son bas de Noël accroché dans le salon. Il y plongea la main et en ressortit une belle grosse orange.

 

«Grand-papa, on a bien fait de prendre un sapin pour Noël. Nous avons déjà la neige blanche comme le bouleau, nous avons une bonne bûche à l’érable et j’ai trouvé une orange dans mon bas de Noël. Le sapin ajoute du vert dans la maison, c’est vraiment le plus bel arbre de Noël.»

 

Grand-papa sourit pendant que Pierrot alla rejoindre papa pour lui raconter sa découverte.

 

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Le retour des Animations

17 décembre 2009 | 21:35

 

conteux_petitRetour de la section Animation de mon site. Je voulais déposer ma carte de souhaits 2009 sur mon blogue, mais pas dans un billet. Alors, j’ai (re)créé une section animation et j’y ai inclus quelques une des animations Flash que j’ai faites ces dernières années.

 

Je vous invite donc à cliquer sur Animation en haut de la page et à me laisser quelques commentaires sous vos animations préférées. N’hésitez pas non plus à me faire part de vos idées, ça peut toujours m’inspirer pour la prochaine fois…

 

À bientôt. Et un bon temps des fêtes à chacun d’entre vous.

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Carte de souhaits 2009 (beta)

13 décembre 2009 | 22:45

Désolé, je n’ai pas eu le temps de vous préparer une carte de souhaits cette année.
Mais si j’avais eu le temps, voici ce que j’aurais fait… (en beaucoup, beaucoup mieux)

Dommage que je n’ai pas eu le temps! (s’cusez-la!)
Je vous souhaite de joyeuses fêtes, de la santé et du temps!!!

Marc-André Caron

P.S. Temps de production: 5 heures

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Les trois bossus

10 décembre 2009 | 21:05

Hunchback

Voici le texte d’un de mes contes du dépanneur. Ce conte vit surtout sous forme orale, mais j’ai fait un effort et je l’ai enfin couché sur papier (dans Word en fait!). Tous les détails de la version orale n’y sont pas. J’espère que vous apprécierez. Bonne lecture!

 

Les trois bossus

Ce jour-là, Marie-Tatou regardait les gens circuler dans la rue du Dépanneur. Tout le monde s’en allait dans la même direction, vers le Festival de la bière au centre-ville. Elle était seule dans le dépanneur, seule avec le Boss qui terminait sa comptabilité. La soirée promettait d’être longue et ennuyeuse derrière le comptoir du Dépanneur.

Marie-Tatou fut sortie de son ennui par un client… plutôt un visiteur : Bastien!  Dans l’ancien temps, chaque village avait son fou. De nos jours, comme il y a plus de fous et moins de villages, il y a des fous du quartier. Fort comme un bœuf, doux comme un agneau et têtu comme un âne, Bastien était notre fou du quartier.

Il habitait à la Résidence Bonnenfant depuis que ses grands-parents (qui s’étaient toujours occupé de lui) étaient décédés. Il s’occupait en promenant les chiens du voisinage, en racontant des histoires aux enfants dans les parcs et en faisant des commissions pour les gens. Mais depuis quelques jours, Bastien venait au dépanneur une fois par jour pour demander à Marie-Tatou s’il pouvait avoir «La belle madame», une affiche publicitaire sur laquelle une jeune femme très peu vêtue annonçait une nouvelle sorte de bière.

Marie-Tatou se voyait obligé de lui dire non à chaque fois, elle ne pouvait lui donner l’affiche, pas tout de suite. Et Bastien repartait déçu, les mains vides, et disait un profond «Ah nonnn!».

Après la visite de Bastien, Marie-Tatou eut une idée pour ne pas avoir à passer la soirée seule au dépanneur. Elle pensa offrir au patron de prendre la soirée off, sans être payée, et ainsi lui sauver un salaire. Il pourrait bien s’occuper du dépanneur tout seul vu qu’il n’y aurait personne. Et elle? Elle pourrait aller au Festival de la bière, avec ses amis, voir les spectacles et tenter de gagner de gros oursons en peluche dans les jeux des forains!

Le Boss finit par sortir de son bureau. Il prit sa veste et remonta l’allée. Marie-Tatou se préparait à lui faire sa grande demande, mais…« Marie! Ce soir, c’est le grand soir. Je te laisse les clés du Dépanneur et le code du système d’alarme. Tu peux fermer la place maintenant. Et moi, je vais aller au centre-ville avec ma passe VIP! Bonne soirée!» Et il sortit. Marie-Tatou aurait dû être heureuse de la promotion, du vote de confiance, mais elle était plutôt déçue de s’être fait prendre au piège. Résignée, elle s’est installée derrière le comptoir avec une provision de magazines et quelques chips pour passer la soirée.

Dehors, le soleil d’été a fini par aller se coucher et laisser place à la nuit, tranquille et silencieuse. Marie-Tatou, plongée dans un magazine pour filles, s’était attaquée à résoudre un sudoku dit moyen lorsque la porte du dépanneur s’est ouverte.

Trois étranges boules à formes humaines sont entrés dans le Dépanneur et ont dandiné jusque devant le comptoir. Marie-Tatou s’est redressée et les a reconnus : les trois bossus. Certaines personnes disent que ce serait trois frères jumeaux que leur mère aurait abandonnés à la naissance tellement ils étaient laids. D’autres encore disent que ce sont trois gargouilles, tombées du toit de la cathédrale un soir de tempête, qui auraient pris vie en touchant le sol. Ce sont en fait trois clochards qui hantent les parcs de la ville à la recherche de bouteilles vides qu’ils rapportent au dépanneur pour les transformer  en bouteilles pleines et les retransformer de nouveau en bouteilles vides.

Le plus laid des trois bossus s’est adressé à Marie-Tatou : «Heille Marie, tu nous paierais pas une bière?» Avec le Festival de la bière en ville, personne ne jetait ses bouteilles vides dans les parcs et les trois éponges n’avaient plus rien à boire. Marie-Tatou réfléchit deux secondes. Si elle leur disait non, ils feraient du trouble, et si elle avait du trouble, le Boss ne lui ferait plus confiance. Mais si elle leur payait une bière, elle n’aurait pas de trouble, et le Boss continuerait de lui faire confiance. Trois bières pour acheter la paix, ce n’était pas très dispendieux.

Marie-Tatou s’est alors dirigée vers les grandes portes du frigidaire à bière, elle en a sorti trois grosses bières, 1.18 litre, 10% d’alcool, des Notre-Drame! Elle a ensuite déposée les trois bières devant elle, sur le comptoir. Dans un mouvement rythmé et mille fois répété, les trois bossus on saisi chacun une bière, les ont ouvertes, les ont calées en cœur et (toujours dans le même rythme) ont reposé les bouteilles vides là où Marie-Tatou les avaient mises. Et puis ftounk!, ftounk! et ftounk! Les trois bossus se sont écroulés par terre, saoul mort!

Marie-Tatou avait un problème… En fait, elle en avait trois. Elle devait se débarrasser de ses trois carcasses avant que le Boss ne revienne sinon adieu la job. Elle a fait le tour du comptoir et a essayé de réanimer le premier bossu. Rien à faire, l’odeur décourageait toute manœuvre de réanimation. Elle a tenté de pousser le deuxième bossu et même de rouler le troisième vers la porte, mais les bosses bloquaient tout mouvement.

En se grattant la tête pour se sortir de ce pétrin, Marie-Tatou vit un grand bonhomme passer de l’autre côté de la rue : Bastien! Sans hésiter, elle cacha un bossu sous une pile de boîtes vides et en couvrit un autre de tous les sacs de chips qui lui tombaient sous la main. Puis elle sortit du dépanneur et appela : BASTIEN! Viens ici!

En entrant dans le dépanneur, fidèle à son habitude, Bastien a demandé à Marie-Tatou de lui donner «La belle madame». Cette fois, la réponse de Marie-Tatou fut différente, ce qui fit sourire Bastien.

«Bastien, si tu sors ce bossu du dépanneur, je vais te donner «la belle madame»».

Sans dire un mot, Bastien s’est emparé du bossu, il s’est rendu dans la ruelle à côté du dépanneur et l’a déposé dans un coin. À son retour, Bastien a demandé d’avoir «la belle madame». Marie-Tatou lui a dit qu’elle allait le chercher, mais en se retournant… «Bastien, le bossu est revenu. Regarde, il est tombé dans les chips!»

Sans se faire prier, Bastien s’est emparé du bossu, il s’est rendu dans la ruelle et a continué dans le petit bois derrière le dépanneur. Cette fois, il a jeté le bossu dans un bosquet. À son retour, Bastien a redemandé d’avoir «la belle madame».  Marie-Tatou s’est rendue au fond du dépanneur et a décroché l’affiche de la belle madame. Elle l’a roulé et s’est approchée de Bastien pour la lui donner. Sauf que… «Bastien, le bossu, il est revenu. Regarde!»

Près d’une pile de boîtes vides, un bossu était étendu par terre.  D’un seul pas, Bastien a enjambé le bossu, il l’a pris sous son bras et s’est dirigé derrière de dépanneur directement dans le petit boisé. Là, il a déposé le bossu en plein milieu des fougères.

En revenant dans le dépanneur, Bastien n’a pas eu le temps de demander son affiche. Marie-Tatou était là et la lui tendait. «Tiens Bastien, la v’là «la belle madame»».  Bastien a dit merci et s’est dirigé vers les Résidences Bonnenfant. De son côté, Marie-Tatou a fermé le dépanneur et est rentrée chez elle se coucher.

En passant par le petit sentier qui le ramène aux Résidences Bonnenfant, Bastien pouvait voir les lumières du centre-ville où le Festival de la bière battait son plein. Tout à coup, il vit s’avancer vers lui, tout au bout du sentier, l’ombre d’un bossu. Bastien se dit que le bossu essayait encore de retourner au dépanneur, mais qu’il allait l’arrêter une bonne fois pour toute. Bastien se cacha derrière une grosse roche et attendit que le bossu passe. BANG. Il prit le bossu «dans les pommes» et le ramena dans la ruelle à côté du dépanneur. Là, il ouvrit la grosse benne à ordure, y jeta son bossu, referma le couvercle et y déposa une grosse pierre pour conclure l’affaire. Puis, Bastien retrouva sa belle madame et rentra chez lui.

Marie-Tatou se félicita d’être rentrée se coucher plutôt que d’être allée finir la soirée avec ses amis étant donné que c’était elle qui devait ouvrir le dépanneur tôt le lendemain. Après avoir allumé les lumières, parti le café et placé les journaux, elle sortit les poubelles. Une pierre l’empêchait d’ouvrir la benne à ordure, mais elle la fit rouler par terre sans trop de problèmes. En ouvrant le couvercle, un drôle de spectacle l’attendait.

Sous un gros toutou rose comme en font tirer les forains lors de festivals, le Boss du dépanneur était en train de se remettre d’une gueule de bois magistrale. Marie-Tatou l’a sorti de là, lui a servi un bon café et l’a vaporisé avec un peu de pouche-pouche sens bon.

Lorsque le Boss a enfin repris ses esprits, il a demandé à Marie-Tatou de venir le voir dans son bureau. Là, il lui a fait une offre : il lui donnait sa semaine de congé, payée, pour aller au Festival de la bière avec sa passe VIP si elle promettait  de ne jamais raconter à personne ce qu’elle avait vu ce matin-là. Et bien, croyez-moi, croyez-moi pas, Marie-Tatou, elle l’a jamais dit à personne.

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